Des expériences de gardiennage, j'en ai eu une pis une autre. Pas eu besoin d'affiches sur des babillards de dépanneurs avec des petits numéros à déchirer. Pas eu besoin de faire ben de la pub. Je sais pas pourquoi, j'étais en demande, en bon français, je pognais. Malheureusement, juste en cette matière. Ça va de soi, n'ayant pas de petit copain à l'adolescence, je n'avais que ça à faire être disponible les vendredis et samedis soirs.J'en ai animé des petits, j'en ai passé des soirées à bricoler, à chanter, à aller au parc, à raconter des histoires, à animer des jeux, à repousser l'heure du dodo parce que j'étais cool et que j'avais trop de fun avec les enfants, à bercer des petits qui n'étaient pas les miens. Armée de mon sac à dos dans lequel j'avais plus d'un tour, j'arrivais toujours à destination à l'heure, ne demandais pas plus de 2,00$ de l'heure (même pour 4 enfants: 2 petites jumelles de 9 mois, un garçon de 5 et une fille de 7) et pouvais veiller au grain jusqu'aux petites heures sans fermer un oeil.
J'ai gardé un été entier chez un couple où l'homme travaillait de nuit. Résultat, Monsieur dormait le jour pendant que la femme travaillait et que moi je gardais. Cet été là, j'en ai découvert des trucs pour empêcher un bébé de brailler et faire marcher sur la pointe des pieds une petite de 5 ans qui n'avait qu'envie de s'exciter.
J'en ai vidé des armoires à cochonneries en catimini. Se faire prendre la main dans le sac de chips, rien de plus gênant. Bien qu'on me disait que je pouvais fouiller et manger ce que je voulais sans gêne, il était toujours un peu humiliant de se faire prendre en flagrant délit...J'ai même déjà caché un sac de chips entre les craques du divan parce que je n'avais pas eu le temps d'aller le porter avant que les propriétaires entrent dans la maison!
Garder des enfants restera toujours un bon souvenir. La faible odeur d'alcool planant dans la voiture du mari qui vient me reconduire chez moi. Le magasinage à la boutique "Au Coton" pour investir les dollars précieusement gagnés et me récompenser. Et ces enfants dont je me rappellerai toujours, qui m'ont été prêtés, confiés et que j'ai su aimer, avec mon grand coeur d'adolescente de l'époque.
Un merci tout spécial à Marie-Eve, ma muse pour ce billet.




