samedi 14 janvier 2012

Babysitting

Des expériences de gardiennage, j'en ai eu une pis une autre. Pas eu besoin d'affiches sur des babillards de dépanneurs avec des petits numéros à déchirer. Pas eu besoin de faire ben de la pub. Je sais pas pourquoi, j'étais en demande, en bon français, je pognais. Malheureusement, juste en cette matière. Ça va de soi, n'ayant pas de petit copain à l'adolescence, je n'avais que ça à faire être disponible les vendredis et samedis soirs.

J'en ai animé des petits, j'en ai passé des soirées à bricoler, à chanter, à aller au parc, à raconter des histoires, à animer des jeux, à repousser l'heure du dodo parce que j'étais cool et que j'avais trop de fun avec les enfants, à bercer des petits qui n'étaient pas les miens. Armée de mon sac à dos dans lequel j'avais plus d'un tour, j'arrivais toujours à destination à l'heure, ne demandais pas plus de 2,00$ de l'heure (même pour 4 enfants: 2 petites jumelles de 9 mois, un garçon de 5 et une fille de 7) et pouvais veiller au grain jusqu'aux petites heures sans fermer un oeil.

J'ai gardé un été entier chez un couple où l'homme travaillait de nuit. Résultat, Monsieur dormait le jour pendant que la femme travaillait et que moi je gardais. Cet été là, j'en ai découvert des trucs pour empêcher un bébé de brailler et faire marcher sur la pointe des pieds une petite de 5 ans qui n'avait qu'envie de s'exciter.

J'en ai vidé des armoires à cochonneries en catimini. Se faire prendre la main dans le sac de chips, rien de plus gênant. Bien qu'on me disait que je pouvais fouiller et manger ce que je voulais sans gêne, il était toujours un peu humiliant de se faire prendre en flagrant délit...J'ai même déjà caché un sac de chips entre les craques du divan parce que je n'avais pas eu le temps d'aller le porter avant que les propriétaires entrent dans la maison!

Garder des enfants restera toujours un bon souvenir. La faible odeur d'alcool planant dans la voiture du mari qui vient me reconduire chez moi. Le magasinage à la boutique "Au Coton" pour investir les dollars précieusement gagnés et me récompenser. Et ces enfants dont je me rappellerai toujours, qui m'ont été prêtés, confiés et que j'ai su aimer, avec mon grand coeur d'adolescente de l'époque.


Un merci tout spécial à Marie-Eve, ma muse pour ce billet.

vendredi 13 janvier 2012

Les maux des mots.

Vu sur des copies d'élèves...

...hier ma mère avait fait du steak caché...

...pour Noël je suis allé sur mes deux matantes...

...il y avait des patates pliées avec du poison et de la salade...

On va travailler notre français en 2012!!...

jeudi 12 janvier 2012

La mère s'ennuie.

Je m'ennuie de mes enfants.

Louis qui me donnait ce matin un bec soufflé (bec dans sa main et il souffle pour que je le reçoive) parce qu'il est trop grand pour donner un bec à sa maman devant ses amis. Avec son bas de "soute" dans les mains plutôt que sur les jambes, parce que ça fait plus cool. Si j'avais 8 ans, c'est lui que je choisirais comme amoureux parmi tous les garçons de 3 ième année.

Robin qui me fait mon bisou-bec-colle parce qu'il a 5 ans et que sa maman est (encore) la femme de sa vie. Son gros sac à dos deux fois plus gros que son dos, avec sa boîte à lunch contenant un petit mot d'amour classique pour son midi, même s'il ne sait pas lire. Pas besoin de savoir lire les mots de sa maman quand on sait qu'elle nous aime. Peu importe les mots, ce sont, à coup sûr, des mots d'amour.
La nostalgie du congé, c'est pas tant le "pas de routine". C'est de s'apercevoir que nos enfants, durant la semaine, passent plus de temps avec des étrangers qu'avec nous. Difficile parfois.

mercredi 11 janvier 2012

Grand débrouillage.

Grand débrouillage de postes habituellement payants (pour nous en tous cas car ici, on a le câble de base) dans le temps des fêtes. Je me paye la totale, regarder un peu ce que Canal Vie me réserve de bon. Ouf! Quel horaire chargé et que d'émissions fascinantes!

-Enceinte...sans le savoir! Je ne peux pas croire que tu passes 9 mois de ta vie avec un bébé dans le ventre sans t'en rendre compte. Ou bien que tu as des conduites à risque d'enfanter sans avoir un soupçon de "tout à coup que...". Peux pas croire non plus que t'as envie d'aller exposer ça à la télé. Ri-di-cu-le.

-On a échangé nos mères. Une mère, on en a qu'une. Et, elle est unique, irremplaçable. Pas besoin de me retrouver avec une autre mère pendant une semaine pour me faire réaliser que c'est avec ma mère que je suis bien et que...je ne l'échangerais jamais. Elle non plus de toute façon, elle ne voudrait pas d'une autre fille. Ah, pis, c'est vrai, y a pas une autre mère qui serait capable de m'endurer. Concept poche.

-Maigrir ou mourir. Je vais me faire lancer des tomates. J'ai toujours eu l'impression que les gros utilisaient leur surplus de poids afin d'acquérir une certaine popularité, afin d'attirer l'attention pour se rendre intéressant, comme s'il n'y avait pas autre chose que leurs kilos en trop pour faire leur éloge. Je trouve qu'une émission ayant pour titre "Engraisser ou mourir." serait beaucoup plus appropriée pour les jeunes demoiselles avec des problèmes d'anorexie. L'obésité, on en a fait le tour.

-Quand passe la cigogne. À part les femmes enceintes en retrait préventif qui angoissent à l'idée d'accoucher et celles en congé de maternité nostalgiques de leur 9 1/2 mois de symbiose de couple et de leur accouchement, y as-tu vraiment des gens qui écoutent ça? Je ne peux pas croire que j'ai déjà versé des larmes à voir accoucher une parfaite inconnue en mangeant des chips sur mon divan. Shame on me.

Finalement, je serais pas bonne critique pour Canal Vie. Je trouve toutes leurs émissions poches. Sensationnalistes. Pour les gens déprimés qui se consolent dans le malheur des autres ou qui se désolent du bonheur des autres.

mardi 10 janvier 2012

Sexisme...

Samedi, petite neige, rue blanche donc glissante. Un pick-up passe devant la maison avec un air d'aller plutôt dangereux: le conducteur s'amuse à déraper et le derrière du véhicule se promène d'un côté et de l'autre.

Robin lâche sa pelle et me dit:

-Maman, il est fou! Il est pire qu'une fille pas de cerveau!

QUOI???

Il n'y a pas à dire, d'entendre de telles paroles sortir de la bouche de mon fils de 5 ans me donne un peu honte et la chair de poule. Mais qui est donc cette mère qui est supposée veiller à son éducation, tenter de lui inculquer de bonnes valeurs et faire en sorte que ses propos ne soient pas teintés de préjugés?

Ça ne vient pas de son père non plus. Je n'aurais jamais accepté de vivre avec un homme qui véhicule de telles idées à ses enfants.

Sexisme inné? Acquis? Appris?

Nos enfants ne sont pas à l'abri de tout.

J'ai expliqué à Robin que son commentaire n'était pas gentil pour les filles. Qu'un garçon ou une fille sans cerveau, c'est idiot de façon égale.

Je vais par contre me confesser. Après ce petit discours, avouons-le, de base sur l'égalité des sexes, j'ai convenu avec mon fils que le gars dans le pick-up était très dangereux et pas prudent du tout.

Constatant mon sexisme flagrant, j'ai rectifié mon tir en mentionnant que c'était peut-être une conductrice, bien que, dans mon for intérieur, j'avais la certitude que c'était homme.

lundi 9 janvier 2012

Bien triste...

Vous avez tous eu vent de cette nouvelle.

Vendredi, je soupe chez une amie enseignante dans une autre école secondaire, celle de l'ouest du comté. Elle a passé une partie de l'après-midi aux funérailles de son élèves. Oui, celui qui s'est endormi pour le reste de la vie sous sa motoneige.

Elle me raconte son "après funérailles". Entre le tartare de saumon et les pitas croustillants qu'elle nous a gentiment confectionnés, elle a corrigé un peu de copies d'un travail d'équipe de deux qu'elle avait demandé dans le cadre de son cours d'anglais.

Jusqu'à ce qu'elle tombe, vous l'avez deviné, sur la copie de ce maintenant défunt élève et de son twin . Un coéquipier à qui on enlève le "co". Une note à attribuer. Un haut le coeur. Un sentiment indescriptible face à une copie de travail de quelqu'un qui n'est plus. Un ado de 15 ans. Un congé. La liberté. Une motoneige. La fin d'une vie.

ll n'y a pas à dire, elle a pleuré, on a été solidaires, on en a jasé, on a débattu d'un sujet, d'un loisir qui n'est pas nécessairement nôtre, des parents, de ce qu'ils auraient du faire, de ce qu'ils n'ont pas fait, d'une situation dans laquelle on ne peut se projeter. Il n'y a rien à dire. C'est arrivé, point.

Ce doit être insupportable. Mes sympathies à toi Catherine et à tous ceux autour, touchés par cette tragédie, qu'on ne souhaite à personne.

dimanche 8 janvier 2012

Ça m'éneeeeerve!!!!!

Je vous en ai déjà parlé, mon chum entre dans la maison, il barre la porte. En plein jour. La peur de se faire voler. De se faire violer. Je ne sais trop. Ça m'énerve au plus haut point. J'arrive plus tard, les mains pleines de sacs d'épicerie réutilisables, je me cogne le nez sur la porte verrouillée. Dépose les sacs. Sacre un peu. Sonne. Cherche mes clés dans le fond de mon sac. Il vient m'ouvrir.

-Peux-tu me dire pourquoi tu barres TOUJOURS la porte, en plein jour, alors que tu sais très bien que je vais bientôt entrer, chargée comme une mule, avec un seul doigt de libre pour appuyer sur la clanche de la porte et déposer enfin ces 6 sacs qui me coupent complètement la circulation des mains depuis que je suis sortie de la voiture?

-Si tu laissais pas ta sacoche accrochée sur la rampe d'escalier drette devant la porte d'entrée, si on n'avait pas d'enfants pis si tout le monde sur la terre était honnête, je ne barrerais pas la porte.

-Ouin, mais si t'avais un peu de pitié (lire d'empathie!) pour ta blonde, tu la laisserais débarrée quelques minutes, le temps qu'elle arrive de ses commissions. De NOS commissions. De VOS commissions.

-Tu vois ce que ça fait des portes débarrées? L'été passé, tu t'es fait voler dans ton propre char deux soirs de suite, 2 IPod pis une paire d'écouteurs. Tu ne te domptes pas.

-Euh...je m'excuse, mes portes d'auto sont barrées au moment où on se parle, dis-je, un peu bouchée.

Bon, la discussion doit prendre fin, ça ne mène nulle part. Ou bien, ça mène quelque part en ce sens qu'il a un peu raison et que je ne veux pas l'admettre, je suis comme ça, un peu orgueilleuse à mes heures.

Mais ça m'énerve pareil de me cogner le nez sur la porte de ma propre maison en plein jour quand il y a du monde dedans. Voilà, la joie de ce blogue, c'est que je peux avoir le dernier mot.

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